![]()
En voici les grands principes.
L'école ne prépare pas à un métier, on ne va pas à l'école pour avoir un métier. L'école permet la formation de la personne, c'est une formation globale :
|
Dans la classe Freinet, il n'y a pas de notes ni de classements, mais d'autres formes d'évaluations.
Pour cela, et pour
que le travail paraisse évident aux yeux des enfants, pour que
ce travail et les recherches qu'on va enclencher fassent sens dans
l'esprit des enfants dans la classe.
Il faut partir des questionnements des enfants, il faut entendre les questions des élèves, c'est pour cela que la parole en classe doit exister.
Ce
n'est pas ma parole d'enseignant (qui dit la "morale",
édicte des règlements, explique une leçon...) mais
c'est ce que vont dire et écrire
les enfants qui va composer la matière brute sur laquelle on va
entreprendre de travailler (la langue, la connaissance de
phénomènes, la nécessité d'apprendre
à rédiger et à compter, à classer, à
comprendre le monde pour avancer dans la curiosité). |
Par exemple, lors de l'entretien du matin, je me fais discrète et effacée pour que l'enfant qui parle à son groupe puisse le faire en toute liberté dans le cadre des prises de parole :
Cette forme de travail en classe est possible si il y a les Conseils d'élèves hebdomadaires.
Le Conseil des élèves de la classe n'est pas une réunion d'élèves occasionnelle, que l'enseignant utiliserait pour briffer son groupe, pour lui faire des remontrances ou la morale quand il y a des problèmes (une bagarre, des insultes, etc.)
Le Conseil hebdomadaire
des élèves est une instance qui fait partie de la vie du
groupe, il est l'articulation de la vie de la classe, car les enfants
vont y réguler leurs relations, leurs violences et
progressivement s'en servir pour y faire des propositions qui
leur donnent un pouvoir dans leur vie de classe.
Leurs idées
sont proposées institutionnellement dans le cadre du Conseil,
qui est l'instance décisionnelle de la classe (inscrit dans
l'emploi du temps).
Un exemple :
Une
élève qui maîtrise parfaitement l'utilisation du
compas aimerait apprendre à ses copines à faire des
rosaces : elle l'écrit à l'ordre du jour du prochain
Conseil.
L'idée de Clubs
dans la classe est né : d'autres ont été
créés, ce sont de libres associations
d'élèves où ils vont échanger des
savoirs-faire avec un temps prévu pour cela dans l'emploi du
temps de la classe (ex : le lundi à 10h, dans le
coin-bricolage...)
Les enfants apprennent
à voir qu'il est possible d'organiser* leur vie de classe, que
leur parole compte et qu'ils aiment cela car ils existent pour de vrai
aux yeux des autres.
*L'enseignant bien souvent, prévoit tout, fait le plus gros du
travail. L'élève attend ce qu'on a prévu pour lui,
attend les directives, n'a aucune idée de ce qu'il va apprendre.
Apprendre par les autres
et avec les autres devient possible et c'est très
agréable : le travail scolaire se fait dans
l'échanges et l'entraide, personne n'est laissé sur le
bas-côté.
La parole existant, il est impossible qu'une
personne du groupe de la classe soit oubliée, seule face
à ses difficultés.
Au cours des Conseils, des élèves font des
propositions pour améliorer l'aide à un camarade en
retard.
C'est cette coopération d'enfants, qui va Dire et Imaginer
les règles de fonctionnement pour vivre et travailler ensemble
qui va faire de la classe un lieu où le travail scolaire se fait
dans le plaisir, la s écurité et l'amitié.
Dans les Conseils d'élèves, la loi se construit car les enfants vont dire, discuter, réfléchir sur ce qui se passe entre eux. Une morale du respect des autres, du "vivre et travailler ensemble" se construit (connaissance des projets des autres, reconnaissance des différences, tolérance et amitié).
Mon rôle c'est de veiller à ce que les enfants se parlent sans moqueries, sans humiliations.
Le travail et les relations qu'on tisse, pour s'associer pour
réussir ensemble, sont basés sur ce que vont exprimer les
enfants, grâce à leurs dires, leurs réflexions.
Ils vont créer des règles et des lois directement
inspirées de leurs expériences, de
leurs difficultés relationnelles, de leurs désirs*.
Parler devient une nécessité, une habitude qui se rode au
fil des mois, un plaisir de faire connaître qui on est, un
plaisir d'organiser son travail.
Même si tout semble bien aller en classe, le Conseil a toujours lieu toutes les semaines.
*Avec mon aide bienveillante, neutre et discrète. Je ne tiens
pas le "devant de la scène", ce sont eux les acteurs.
C'est dans ce cadre que les apprentissages se font, que le travail scolaire prend du sens avec l'échange des méthodes de travail et de recherche. Le travail est individualisé, chacun en est là où il en est et peut avancer à son rythme.
Les élèves apprennent à travailler avec un ami (il faut laisser les enfants se choisir un équipier pour remplir une fiche de travail, pour lire ou pour faire les exercices d'entraînement...).
En Conseil, ils
réajustent : Qu'est ce que c'est "Aider" ? Ce n'est pas faire le
travail de l'autre (sans ce travail de réflexion, pour aider un
copain, un enfant croit aider un ami en lui prenant la fiche de travail
des mains et fait à sa place, un autre croit aider en donnant
à recopier).
En débattant dans les Conseils
sur la question que je porte moi-même à l'ordre du
jour "Qu'est ce que c'est Aider ?",on édicte quelques
règles concernant l'entraide qu'on affiche au mur : "Je ne fais
pas le travail de l'autre", "J'explique et je m'aide d'outils" "J'aide
à trouver un modèle"... L'Entraide s'apprend.
L'important à l'école, c'est d'acquérir des
méthodes de travail, des cheminements pour faire, c'est
acquerrir des méthodes de recherche et de travail pour continuer
à apprendre en autonomie.
Pour cela la classe coopérative, utilisent les techniques Freinet, celles-ci reposent sur le texte libre et l'écriture quotidienne, le journal de la classe, la correspondance, le Conseil, etc.
Contact : marine.baro@free.fr
Site optimisé pour Interner Explorer 4+, résolution 1024 x 768 conseillées